Réagissant à la conclusion, durant la nuit, d'un accord commercial entre l'Union européenne et l'Australie, incluant de nouveaux contingents tarifaires pour la viande rouge, la Confédération paysanne dénonce une « folie pure, sur le plan économique, social, territorial et climatique » et appelle « à se mobiliser dans les prochains jours dans les territoires ». Pour la Conf', les contingents pour la viande rouge « accentuent gravement les menaces », et la conditionnalité sur l'élevage à l'herbe pour une partie des contingents « ne résout en rien le problème d'importations déloyales à plus bas prix sur le marché européen ».
L’accord commercial entre l'UE et l’Australie finalisé le 24 mars contient également une clause de sauvegarde bilatérale, comme c’est déjà le cas pour celui conclu avec les pays du Mercosur. La Commission européenne indique que celle-ci sera déclenchable pour les quotas sur les produits agricoles sensibles. Elle sera valable pendant toute la période de montée en puissance des contingents tarifaires et même sur les cinq ans suivant la fin de cette période. Pour Bruxelles, l’objectif est d’agir « dans l'éventualité d'une hausse imprévue et préjudiciable des importations ou d'une baisse excessive des prix pour les producteurs de l'UE ». L’accord commercial comprend également la protection d'une liste de 165 indications géographiques (IG) alimentaires et 231 boissons spiritueuses de l'UE.
L’UE et l’Australie ont annoncé, le 24 mars, la conclusion des négociations en vue d’un accord de libre-échange. Point d’achoppement des discussions, l’UE a proposé plusieurs contingents tarifaires notamment sur la viande rouge, dont un quota de 30 600 tonnes pour la viande bovine mis en œuvre graduellement sur dix ans et un autre de 25 000 t pour la viande ovine pleinement applicable après sept ans. Par ailleurs, l’UE devrait ouvrir un contingent de 35 000 t de canne à sucre brute destinée au raffinage en franchise de droit. En échange, le Vieux Continent obtient, entre autres, l'élimination des tarifs douaniers australiens sur le vin dès l’entrée en vigueur et sur les fromages après trois ans. Le traité introduit, par ailleurs, une clause de sauvegarde activable sur les contingents tarifaires pour les produits sensibles. Enfin, l’UE annonce que 165 indications géographiques alimentaires et 231 boissons spiritueuses seront protégées par le texte conclu à Canberra.
Après l’Espagne hier, et la Grèce quelques heures plus tôt, c'est au tour de la France d'annoncer des mesures de soutien au secteur agricole face à la montée du prix de gazole et des engrais causée par la guerre au Moyen-Orient. Dans un communiqué paru le 23 mars, la ministre de l'Agriculture annonce quatre mesures, dont l'une n'est pas finalisée : du report de cotisations sociales, avec un délai de paiement accordé «sans frais ni majoration» aux exploitations agricoles qui en feront la demande ; de l'étalement d'échéances fiscales ; des «prêts de court terme exceptionnels» accordés par Bpifrance ; enfin, le gouvernement annonce chercher « un accord de place avec les banques et les distributeurs» pour les exploitations faisant face à «des difficultés de trésorerie du fait de la crise en cours.»
La Commission européenne a annoncé, le 23 mars, avoir officiellement transmis aux pays du Mercosur l’instrument d’application provisoire de l'accord commercial intérimaire. En conséquence, l’accord s’appliquera à titre provisoire à partir du 1er mai entre l'UE et les pays du bloc sud-américain qui auront achevé leurs procédures de ratification et notifié à l'UE avant la fin du mois de mars. C’est déjà le cas pour l'Argentine, le Brésil et l'Uruguay, tandis que le Paraguay, qui a récemment ratifié l'accord, « devrait envoyer sa notification prochainement », avance Bruxelles. En parallèle, la clause de sauvegarde agricole, validée par le Parlement européen et le Conseil de l’UE, destinée à répondre aux préoccupations du secteur, a été publiée au Journal officiel de l’UE le 19 mars.
«La situation au Moyen-Orient a changé la donne. Il va falloir voir à tous les niveaux ce qui peut être fait afin de réduire la facture liée aux engrais», a convenu le commissaire européen à l'Agriculture, Christophe Hansen, le 19 mars à l'occasion d'un échange avec la commission de l'Agriculture du Parlement européen. Le plan d'action sur les engrais, attendu dans les prochains mois, devrait proposer à la fois des mesures structurelles et des dispositifs de court terme. Christophe Hansen a déjà quelques idées en tête. «Il va falloir se pencher sur les obligations de la directive Nitrates et la directive-cadre sur l'eau, notamment dans les zones les moins sensibles aux nitrates» dont les pâturages, indique-t-il. En revanche, suspendre le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'UE (MACF) n'est, selon lui, pas une solution.
D'après un article de Reuters du 19 mars (article payant), la Chine restreint actuellement ses exportations d'engrais, afin de protéger son marché intérieur et sécuriser sa production agricole, ont expliqué au média plusieurs sources privées. Les autorités locales n’ont en effet pas fait d’annonce officielle sur ce sujet brûlant. Mais ce n’est pas la première fois que le pays adopte une telle attitude, ayant toujours eu pour habitude d’agir pour maintenir les prix des intrants les plus bas possibles pour ses agriculteurs. L'Empire du Milieu constitue un des plus gros exportateurs mondiaux d’engrais.
Lundi 23 mars
Campagne Cuisines solidaires en restauration, jusqu’au 3 avril
Salon espagnol Alimentaria à Barcelone, jusqu’au 26 mars
Mardi 24 mars
Séminaire international sur le pastoralisme, à Montpellier, jusqu'au 26
Conférence de presse du groupe Barilla, à Boulogne-Billancourt
Conférence de presse du groupe coopératif Le Gouessant
Conférence de presse du CIVB (vin de Bordeaux)
9es rencontres scientifiques du FSOV (obtention végétale)
Colloque final du plan de sortie du phosmet, organisé par Terres Inovia et l'Inrae
Mercredi 25 mars
La Coméco de l'Assemblée examine la PPL Modem sur la viticulture et les riverains
Débat à l'Assemblée sur l'application des lois dans le secteur agricole
Débat à l'Assemblée sur l'accord de libre-échange avec le Canada
Audition d' Alexandre Bompard, p.-d.g. de Carrefour, à l'Assemblée
Audition de Franck Sander, président de la CGB (betteraviers, FNSEA) à l'Assemblée
Conférence de presse de l'Uppia (conserve appertisée)
Assemblée générale de la FNPL (éleveurs laitiers, FNSEA)
Matinée export d'Intercéréales
Jeudi 26 mars
14e Conférence ministérielle de l'OMC, à Yaoundé (Cameroun), jusqu'au 29
L'Assemblée examine en plénière la PPL Modem sur la viticulture et les riverains
Conférence de presse sur la structuration de la filière nationale châtaigne, à Montpellier
Conférence de presse de Kiri (Bel)
20 ans du pôle d’Agri Sud-Ouest Innovation à Toulouse, jusqu’au 27
Vendredi 27 mars
Rencontres des produits de montagne à Lempdes (Puy-de-Dôme)
Alors que la conclusion des négociations commerciales entre l’UE et l’Australie apparait de plus en plus imminente, le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a tenté, le 19 mars devant la commission de l’Agriculture du Parlement européen, d’apaiser les craintes quant aux quotas d’importation de viande bovine australienne dans l’UE, un des sujets les plus sensibles des discussions. « Ce sera en dessous des 35 000 t que mon prédécesseur était prêt à céder, mais les derniers détails ne sont pas encore négociés », a-t-il confirmé alors que les pourparlers entrent dans leur dernière ligne droite.
Après le rejet de pourvoi en cassation de Sunlait le 18 février mettant un terme définitif à 5 ans de conflit entre Savencia et l’organisation de producteurs (OP) Sunlait, la direction de l’industriel est revenue sur ce dossier le 19 mars à l’occasion de la présentation des résultats 2025. « Nous n’avons plus aucune relation avec Sunlait et Ouest Lait depuis un an », a précisé Bertrand Salczer, DG de la division Dairy Europe de Savencia. La Cour de cassation a rejeté « toutes les demandes de Sunlait et aucune faute n’a été retenue contre Savencia », a-t-il ajouté. Les ponts sont donc définitivement coupés, l’industriel ne voulant « pas reprendre la relation contractuelle ».
Questionné par Agra Presse, Maïsadour indique avoir acté fin février le lancement d'un projet de cession de Comtesse du Barry, confirmant une information du média L'Informé. Le projet est soumis aux observations des représentants du personnel jusqu’à la fin mars. Comtesse du Barry commercialise, par correspondance et dans une quarantaine de boutique en France, des foies gras, du saumon fumé, du caviar, des vins et autres produits d’épicerie fine. La société centenaire de Gimont (Gers) emploie 96 salariés.
Dans son rapport mensuel du 19 mars, le CIC (conseil international des céréales) a publié ses premières projections de production mondiale de grains pour la campagne commerciale 2026-2027. Il s’avère que celle de céréales décrocherait de manière sensible par rapport à 2025-2026, passant de 2 470 Mt à 2 417 Mt. Les récoltes de blé et de maïs connaîtraient des reculs de respectivement 23 Mt et 17 Mt annuellement, à 822 Mt et 1 303 Mt. L’origine de ce repli est à chercher du côté de la guerre au Moyen-Orient, explique l’organisme international. En cas de prolongement, qui maintiendrait et intensifierait la hausse des cours de l’énergie et des intrants, des producteurs pourraient être amenés à réduire leurs semis, spécialement en Asie et en Afrique, tout comme leurs usages d’engrais, affectant potentiellement les rendements et la qualité des récoltes, pointe le CIC.
Dans un communiqué du 17 mars, le GIPT (interprofession des pommes de terre industrielles) a annoncé travailler avec Arvalis afin d’établir un « protocole simple, sécurisé et peu coûteux pour la destruction des pommes de terre ». Malgré des orientations possibles vers l’alimentation animale ou la méthanisation, l’excès d’offre sur le marché français, estimé à plusieurs centaines de milliers de tonnes par l’interprofession, ne pourra pas être intégralement absorbé. « Il est probable que des quantités très importantes de pommes de terre ne trouveront aucun débouché », alerte le GIPT. Le protocole en question a pour finalité de « limiter les risques sanitaires liés à une gestion non contrôlée de tubercules », et de mettre à disposition des agriculteurs « des pratiques encadrées, adaptées et applicables rapidement ».
Les eurodéputés de la Commission de l’Agriculture du Parlement européen, réunis le 18 mars à Bruxelles, ont unanimement appelé la Commission européenne à intervenir sur le marché laitier européen via notamment un programme de réduction volontaire de la production pour faire face à la crise qui se profile. Plusieurs ministres de l’Agriculture (Italie, Hongrie…) ont déjà adressé les mêmes demandes ces derniers mois lors des réunions mensuelles du Conseil. Selon les chiffres de l’observatoire européen du marché laitier, le prix du lait à la ferme dans l’UE a en effet entamé une baisse depuis le mois d’aout 2025.
Intervenant devant la Commission de l’Agriculture du Parlement européen, le 18 mars, le commissaire à la Santé Oliver Varhelyi a apporté des précisions sur le calendrier de travail de Bruxelles concernant la révision à venir de la législation sur le bien-être animal. Dans un premier temps, une proposition concernant l’élevage des animaux à fourrure sera présentée dans la prochaines semaine. Puis, le commissaire a «garanti que des premières propositions législatives seraient présentées à la fin de l’année concernant l’élevage en cages» que Bruxelles s’est engagée à progressivement éliminer. «Nous pensons qu’il faut agir au fur et à mesure, secteur par secteur» en trouvant à chaque fois des «solutions pragmatiques avec des périodes de transition adaptées», a précisé Oliver Varhelyi.
La Commission européenne a fait savoir, le 18 mars, que sa présidente, Ursula von der Leyen, se rendra en visite officielle en Australie du 23 au 25 mars afin de « renforcer les liens avec un partenaire de confiance et partageant les mêmes valeurs dans la région indo-pacifique » alors que les pourparlers commerciaux semblent entrer dans leur dernière ligne droite. De son côté, le Premier ministre australien, Anthony Albanese a confirmé qu’il rencontrerait la présidente de la Commission européenne, le 24 mars à Canberra.
Fragilisées par la crise viticole, les caves coopératives ont besoin d’aides de l’Etat et des collectivités pour fusionner entre elles, selon un rapport du CGAAER (ministère de l’Agriculture) publié le 16 mars. Leur restructuration nécessite des financements publics à condition de porter « un projet transformant », jugent les auteurs pour qui « la seule recherche d’économies d’échelle ne peut pas suffire ». Deux types d’aides sont proposées : un forfait pour réduire les surcoûts d’exploitation liés au rapprochement, un soutien aux investissements. Pour rappel, le travail confié au CGAAER visait l’attribution des 10 M€ d’aides à la restructuration inscrites dans la loi de finances pour 2025
Dans un rapport sur FranceAgriMer paru le 16 mars, la Cour des comptes constate que l’établissement public « rencontre des difficultés » pour gérer les dispositifs nationaux « complexes et sélectifs » financés par le fonds Casdar (développement agricole), les programmes d’investissement d’avenir (PIA) ou France 2030, « faute d’expertises internes, d’indicateurs de performance et d’impact nécessaires à leur suivi ». Les auteurs proposent de « confier à un autre organisme la gestion des dispositifs financés par le Casdar ».
La réunion de la Commission locale de l’eau (CLE) du bassin de la Vilaine, le 13 mars, n’a pas abouti, faute de quorum, après l’absence de représentants de l’État. Cette séance visait à poursuivre les travaux autour de la révision du schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage), engagés en 2022. L’absence de l’Etat intervient dans le contexte de moratoire sur les politiques de l’eau décidé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, le 13 janvier dernier.
La Commission européenne a ouvert le 13 mars (jusqu’au 10 avril) une consultation publique sur sa future stratégie sur l’élevage qui devrait être présentée avant l’été. L’initiative vise à alléger « un ensemble de pressions structurelles et quotidiennes » qui fragilisent le secteur de l’élevage de l'UE et plus particulièrement le secteur des ruminants, souligne Bruxelles. Pour y répondre, elle table sur: l’innovation, les approches territoriales, la valorisation des produits animaux de grande qualité, l’économie circulaire, la promotion des systèmes de pâturage, les investissements dans le bien-être animal, la traçabilité et les systèmes de certification.